250 000 $ : 5 ans de revenus… ou beaucoup plus?
J’ai une petite question pour vous.
Vous avez 250 000 $ en placements.
Vous avez besoin de 50 000 $ par année pour vivre.
Pendant combien d’années pouvez-vous vivre avec cet argent?
Prenez quelques secondes avant de continuer.
…
La réponse qui vient spontanément à beaucoup de gens est :
5 ans.
250 000 $ ÷ 50 000 $ = 5.
Simple.
Et si les placements rapportent un peu d’intérêt, il restera peut-être suffisamment d’argent pour couvrir une partie de la sixième année.
Logique, non?
Oui…
Si on oublie un élément extrêmement important :
le rendement.
Et si votre argent travaillait pendant que vous le dépensez?
Imaginons maintenant, uniquement pour comprendre le principe mathématique, que votre portefeuille réussisse à produire un rendement de 20 % par année.
20 % de 250 000 $ = 50 000 $.
Vous retirez vos 50 000 $ pour vivre…
Et, théoriquement, votre capital de départ demeure à 250 000 $.
L’année suivante, même scénario.
Puis l’année suivante.
Mathématiquement, avec un rendement parfaitement constant de 20 % chaque année, votre 250 000 $ pourrait donc produire les 50 000 $ dont vous avez besoin sans épuiser le capital.
À perpétuité.
Évidemment, la vraie vie n’est pas aussi parfaite qu’une calculatrice.
Un rendement de 20 % n’est jamais garanti.
Une année peut être excellente.
Une autre beaucoup moins bonne.
Et certaines années seront négatives.
Mais ce petit calcul permet de comprendre quelque chose de fondamental :
le rendement change complètement l’équation.
Pourquoi pensons-nous immédiatement « 5 ans »?
Je crois qu’une partie du problème vient de notre façon traditionnelle de voir l’épargne.
Pendant des années, plusieurs personnes ont principalement entendu parler de :
comptes d’épargne;
certificats ou placements garantis;
dépôts à terme;
obligations;
produits à faible risque.
Et soyons clairs : ces outils ont leur utilité.
Tout le monde n’a pas la même tolérance au risque.
Un dollar dont vous aurez besoin prochainement ne devrait pas nécessairement être investi comme un dollar destiné aux vingt prochaines années.
Mais le problème survient lorsqu’on croit que 2 %, 3 % ou 4 % représentent à peu près tout ce qu’il est raisonnablement possible d’obtenir avec son argent.
Ce n’est pas le cas.
Et l’inflation dans tout ça?
Il y a également un autre joueur qu’on oublie souvent :
l’inflation.
Supposons que votre placement vous rapporte 3 %.
Vous voyez votre compte augmenter.
Excellent!
Mais si le coût de la vie augmente lui aussi de 3 %…
Votre pouvoir d’achat, lui, n’a pratiquement pas avancé.
Vous avez davantage de dollars.
Mais ces dollars achètent moins de choses.
C’est justement pour cette raison que l’un de mes premiers objectifs comme investisseur est de chercher à obtenir un rendement supérieur à l’inflation sur la durée.
Parce que faire fructifier son argent commence par préserver son pouvoir d’achat.
Trop peu d’information… ou beaucoup trop?
Aujourd’hui, nous avons un problème assez particulier.
Nous n’avons jamais eu accès à autant d’information financière.
YouTube.
Facebook.
TikTok.
Podcasts.
Blogues.
Télévision.
Infolettres.
Livres.
Experts.
Influenceurs.
Votre beau-frère qui a acheté une cryptomonnaie mardi dernier… 😏
L’information est partout.
Et paradoxalement, plusieurs personnes ne savent plus quoi faire.
C’est ce qu’on appelle l’infobésité.
Trop d’information peut finir par produire le même résultat que pas assez d’information :
l’inaction.
Il n’y a pas que 2 ou 3 %
C’est surtout là que je veux remettre les pendules à l’heure.
Non, tout le monde ne fera pas 20 % par année.
Et surtout, personne ne devrait bâtir son indépendance financière sur l’hypothèse qu’un tel rendement sera garanti année après année.
Mais cela ne signifie pas qu’il faut accepter automatiquement de petits rendements toute sa vie simplement parce qu’on ne connaît rien d’autre.
Entre un placement garanti à faible rendement et une stratégie extrêmement spéculative, il existe tout un univers.
Actions.
FNB.
Obligations.
Dividendes.
Investissement à long terme.
Différentes stratégies.
Différents niveaux de risque.
Différents horizons de placement.
Et surtout…
de la connaissance.
Le rendement et le risque voyagent ensemble
Il faut toutefois comprendre une règle fondamentale.
Si quelqu’un vous promet un rendement élevé, garanti et sans risque…
Personnellement, je commencerais à poser beaucoup de questions!
En investissement, chercher davantage de rendement signifie généralement accepter davantage d’incertitude ou de risque.
Le but n’est donc pas de chercher le rendement le plus élevé possible.
Le but est de trouver un équilibre entre :
le rendement recherché, le risque que l’on peut supporter et nos objectifs personnels.
C’est très différent.
La connaissance change les possibilités
Voilà pourquoi je reviens constamment à l’éducation financière.
Pas pour transformer tout le monde en day trader.
Certainement pas.
Mais simplement parce que lorsqu’on comprend davantage les possibilités qui existent, on peut prendre de meilleures décisions.
Apprendre.
Comprendre.
Mettre en application.
Évaluer.
Ajuster.
Puis recommencer.
Vous reconnaissez peut-être mon fameux principe OAE :
Organisation – Action – Évaluation.
Revenons à notre 250 000 $
Alors…
250 000 $ avec des retraits de 50 000 $ par année.
Combien de temps cela peut-il durer?
La vraie réponse est :
Ça dépend.
Ça dépend du rendement.
Ça dépend de l’inflation.
Ça dépend des frais.
Ça dépend des impôts.
Ça dépend de l’ordre dans lequel arrivent les bonnes et les mauvaises années.
Ça dépend également du niveau de risque que vous acceptez.
Et c’est justement ça que je veux que vous reteniez.
La réponse n’est pas automatiquement :
5 ans.
Changez la question
Au lieu de vous demander uniquement :
« Combien d’argent ai-je accumulé? »
Commencez peut-être à vous demander :
« Qu’est-ce que cet argent est capable de produire pour moi? »
Cette petite différence de perspective est immense.
Parce qu’un jour, l’objectif n’est peut-être plus seulement de travailler pour accumuler de l’argent.
L’objectif peut devenir…
de faire travailler suffisamment votre argent pour qu’il puisse, à son tour, travailler pour vous.
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