Fébrile avant de regarder mes rendements…
Il y a quelque chose d’assez particulier qui se produit à la fin d’un trimestre.
Je devrais être habitué.
Après tout, je suis mes résultats depuis longtemps. Je fais mes calculs. Je compare mes rendements. J’analyse mes décisions.
Et pourtant…
À l’approche de la fin du trimestre, je deviens fébrile.
Pas parce que j’ai peur de perdre.
Mais parce que je vais bientôt savoir.
Est-ce que j’ai vraiment progressé?
Et surtout…
Est-ce que j’ai battu le marché?
Battre le marché une fois, ce n’est pas le plus difficile
Soyons honnêtes.
Battre le marché pendant une année, c’est un beau défi.
Mais c’est quelque chose qui peut arriver relativement facilement.
– Une bonne décision au bon moment.
– Un titre qui performe exceptionnellement bien.
– Une position qui nous surprend agréablement.
– Ou simplement un contexte de marché qui favorise notre stratégie.
Et voilà.
On termine l’année devant le marché.
On pourrait presque se croire meilleur investisseur qu’on ne l’est réellement.
Le véritable défi commence ensuite.
Peut-on recommencer?
Encore?
Et encore?
C’est là que les choses deviennent beaucoup plus intéressantes.
Parce que je ne cherche pas simplement à connaître une bonne année.
Je cherche à construire une méthode qui me permet de progresser d’année en année et, idéalement, de battre le marché de façon régulière.
C’est une exigence beaucoup plus difficile.
Et c’est précisément ce qui me motive.
Depuis deux ans, je joue cartes sur table
Il y a environ deux ans, j’ai pris une décision qui n’est pas nécessairement confortable pour un investisseur.
J’ai décidé de montrer publiquement les résultats d’un de mes portefeuilles.
Pas un petit portefeuille créé spécialement pour faire joli.
Mon plus gros portefeuille.
Celui qui représente une partie importante de mon patrimoine.
Celui qui représente aussi beaucoup plus qu’un simple tableau de chiffres.
Parce que ce portefeuille est au cœur d’un projet qui me tient énormément à cœur :
me permettre de quitter le marché traditionnel du travail bien avant 65 ans.
Autrement dit, ce portefeuille n’est pas un jeu.
Il y a de vraies conséquences derrière mes décisions.
Et c’est probablement pour cette raison que la publication de mes résultats me rend encore plus fébrile.
Lorsque je vais faire mes calculs à la fin du trimestre, je ne pourrai pas simplement me raconter une belle histoire.
Les chiffres seront là.
Les chiffres ne négocient pas
Je peux expliquer pourquoi j’ai acheté une action.
Je peux expliquer pourquoi je l’ai vendue.
Je peux expliquer pourquoi j’ai attendu.
Je peux expliquer pourquoi j’ai pris un risque.
Mais à la fin du trimestre…
le rendement est le rendement.
Le marché a fait X %.
Mon portefeuille a fait Y %.
Et la différence entre les deux me force à regarder la réalité en face.
C’est parfois agréable.
Parfois beaucoup moins.
Mais c’est extrêmement formateur.
Parce qu’un investisseur peut facilement tomber amoureux de ses propres décisions.
On se souvient des bons coups.
On oublie les moins bons.
On trouve des raisons pour expliquer nos erreurs.
On attribue nos succès à notre talent.
Et tranquillement, on peut commencer à croire que notre méthode fonctionne mieux qu’elle ne fonctionne réellement.
C’est exactement pour cette raison que je veux mesurer.
Je ne veux pas seulement faire mieux qu’avant
Évidemment, je veux m’améliorer.
Si mon rendement est meilleur cette année que l’année dernière, c’est intéressant.
Si mes décisions sont plus disciplinées, c’est intéressant.
Si je gère mieux mes risques, c’est intéressant.
Si je comprends mieux mes erreurs, c’est intéressant.
Mais il y a une autre question que je ne peux pas ignorer :
Comment est-ce que je me compare au marché?
Parce que si le marché monte de 20 % et que mon portefeuille monte de 15 %, j’ai gagné de l’argent.
Mais j’ai aussi sous-performé le marché.
Et si mon objectif est de développer une stratégie d’investissement suffisamment efficace pour éventuellement financer une retraite anticipée, cette différence compte.
Beaucoup.
Le véritable défi : la constance
C’est probablement ce qui me fascine le plus dans l’investissement.
Une bonne année peut être excitante.
Une excellente transaction peut être gratifiante.
Mais la constance…
la constance est une tout autre histoire.
Je ne veux pas être celui qui dit :
« J’ai battu le marché en 2026! »
Je veux pouvoir regarder plusieurs années de résultats et me demander :
« Est-ce que ma méthode crée réellement de la valeur? »
C’est là que ça devient sérieux.
Parce qu’il ne s’agit plus seulement d’avoir raison.
Il faut être capable de prendre de bonnes décisions suffisamment souvent, de gérer les mauvaises décisions lorsqu’elles surviennent et de rester discipliné lorsque le marché nous met à l’épreuve.
Et surtout, il faut accepter de mesurer le résultat.
Encore.
Et encore.
Alors oui… je suis fébrile
La prochaine fois que je vais calculer mes rendements trimestriels, je vais probablement avoir cette petite boule dans le ventre.
Je vais ouvrir mes chiffres.
Je vais calculer.
Je vais comparer.
Et pendant quelques secondes, je vais probablement retenir mon souffle.
Parce que derrière ces chiffres, il y a deux années de décisions.
Des bons coups.
Des moins bons.
Des apprentissages.
Des erreurs.
Des moments de confiance.
Des moments de doute.
Et surtout, un objectif qui est beaucoup plus grand qu’un simple pourcentage affiché dans un tableau.
Je veux continuer à progresser.
Je veux devenir un meilleur investisseur.
Je veux que mes résultats reflètent une méthode et non simplement la chance.
Et oui…
je veux battre le marché.
Pas nécessairement chaque trimestre.
Pas nécessairement chaque année.
Mais suffisamment régulièrement pour que, sur une longue période, la différence devienne significative.
Parce qu’une petite différence de rendement, répétée année après année, peut éventuellement devenir une très grande différence.
C’est aussi pour cela que je continue de publier mes résultats.
Parce que si je demande aux autres d’être honnêtes avec leurs finances, je crois que je dois commencer par l’être avec les miennes.
Alors, à l’approche de la fin du trimestre…
oui, je suis fébrile.
Mais je suis aussi curieux.
Curieux de savoir ce que les chiffres vont me dire.
Et surtout…
curieux de voir si je suis réellement en train de devenir l’investisseur que je veux être.
La réponse ne sera pas dans mes intentions.
Elle sera dans mes résultats.
Et dans quelques jours, les chiffres parleront.
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