Investir en Bourse : mythe ou réalité pour les petits budgets ?

Le Phynancier

Investir en Bourse : mythe ou réalité pour les petits budgets ?

Comment j’ai découvert que 50$ valaient mieux qu’un compte épargne et pourquoi mon ado me prend enfin au sérieux

Le déclic d’un parent lambda face aux finances

Tout a commencé par une phrase innocente de ma fille de 16 ans : « Papa, pourquoi tu gardes tout ton argent sur ton compte épargne alors que mamie gagne plus avec ses actions ? » Touché, coulé. En effet, cette question m’a fait réaliser que j’étais devenu l’exemple parfait du parent qui prêche la sagesse financière tout en pratiquant… l’inverse.

Comme la plupart d’entre nous, j’avais grandi avec des croyances bien ancrées sur l’investissement en bourse. « C’est pour les riches« , « Il faut au moins 10 000$ pour commencer« , « C’est du casino« … Autant de mythes que je répétais sans même m’en rendre compte, transmettant inconsciemment mes peurs financières à ma descendance.

Mais alors, comment faire quand on veut devenir un modèle inspirant pour son adolescent tout en jonglant avec un budget familial serré ? C’est précisément cette question qui m’a poussé à explorer l’univers de l’investissement en bourse avec un petit budget.

Mythe n°1 : « Il faut être riche pour investir en bourse »

Parlons cash : combien pensez-vous qu’il faut pour ouvrir un compte-titres aujourd’hui ? 5 000$ ? 1 000$ ? Détrompez-vous ! La plupart des courtiers en ligne acceptent des versements initiaux de 50$, voire moins.

D’ailleurs, permettez-moi de partager une anecdote personnelle. Au début, j’ai ouvert mon compte avec exactement 73,47$ – l’argent que j’avais trouvé dans mes poches de jean en faisant la lessive. Non seulement le courtier a accepté cette somme dérisoire, mais en plus, j’ai reçu un mail de bienvenue comme si j’avais déposé 100 000$ !

En réalité, les nouvelles technologies ont démocratisé l’accès aux marchés financiers. Aujourd’hui, avec une application mobile et quelques dollars, n’importe qui peut acheter une fraction d’action Apple ou Amazon. C’est exactement ce que j’ai expliqué à ma fille, qui m’a regardé avec des yeux ronds en découvrant qu’elle pouvait techniquement posséder 0,001% d’Apple avec son argent de poche.

Néanmoins, attention aux frais ! Effectivement, certains courtiers pratiquent des commissions fixes qui peuvent rapidement grignoter un petit capital. Par conséquent, il est essentiel de comparer les offres et de privilégier les courtiers proposant des frais proportionnels ou des forfaits adaptés aux petits investisseurs.

Mythe n°2 : « La bourse, c’est comme le casino »

Ah, celle-là ! Combien de fois l’ai-je entendue lors des repas de famille ? Pourtant, investir en bourse n’a rien à voir avec jouer à la roulette, contrairement aux idées reçues.

Premièrement, quand vous achetez une action, vous devenez propriétaire d’une partie d’une entreprise réelle. Autrement dit, vous pariez sur la capacité de cette entreprise à générer des profits dans le temps. À l’inverse, au casino, la maison a toujours un avantage mathématique sur le joueur.

Par exemple, j’ai commencé par investir dans des entreprises que je connaissais et utilisais au quotidien. Ainsi, j’ai acheté quelques actions d’une chaîne de supermarchés où je fais mes courses. Chaque fois que je passe en caisse, je me dis que je contribue indirectement à mes propres dividendes – c’est plutôt amusant !

Cependant, il faut reconnaître que certains comportements peuvent transformer l’investissement en pari : acheter sur des coups de tête, suivre aveuglément les « conseils » des réseaux sociaux, ou encore espérer devenir riche en une semaine. Dans ce cas, oui, on se rapproche dangereusement du casino.

Pour éviter cela, j’ai adopté une approche que j’appelle « l’investissement à la papa » : régulier, diversifié et surtout, ennuyeux ! En effet, moins c’est excitant, plus c’est probablement sain pour votre portefeuille.

Mythe n°3 : « Il faut être un expert en finance »

Franchement, j’ai longtemps cru qu’il fallait un master en finance pour comprendre les marchés. En vérité, j’avais tellement peur de paraître ignorant que je reportais sans cesse le moment de commencer.

Un jour, ma fille m’a montré une vidéo TikTok d’un influenceur de 20 ans qui expliquait les ETF en 60 secondes. Soudain, j’ai réalisé que si un gamin pouvait expliquer les fonds indiciels entre deux danses, peut-être que ce n’était pas si compliqué !

En fait, pour commencer avec un petit budget, vous n’avez besoin de maîtriser que quelques concepts de base :
Tout d’abord, les ETF (Exchange Traded Funds) : ces fonds reproduisent la performance d’un indice comme le TSX. Concrètement, au lieu d’acheter plus de 1500 actions individuelles, vous en achetez une qui suit la performance de toutes les autres.

Ensuite, la diversification : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Même avec 100$, vous pouvez investir dans un ETF monde qui vous expose à des milliers d’entreprises internationales.

Enfin, l’investissement programmé : verser une petite somme régulière (10$, 20$, 50$) chaque mois, quoi qu’il arrive. Cette stratégie lisse les variations du marché et évite de se poser trop de questions.

Ma transformation de parent « épargne en vue » à « papa investisseur »

Maintenant, parlons de mon parcours personnel. Il y a un an, j’étais le roi du livret chèque à 0,25% (et encore, quand j’avais de la chance !). Aujourd’hui, je ne dis pas que je suis Warren Buffett, mais au moins, ma fille me regarde avec un nouveau respect quand je parle d’argent.

Mon premier investissement ? 50$ dans un ETF canadien, après deux semaines de recherches et de tergiversations. Résultat ? Au bout de trois mois, j’avais… 52$. Certes, ce n’était pas spectaculaire, mais surtout, j’avais franchi le cap psychologique.

Progressivement, j’ai augmenté mes versements mensuels. D’abord 30$, puis 50$, maintenant 100$. Rien d’extravagant, mais régulier. Et vous savez quoi ? Après un an, mon petit portefeuille a pris de la valeur, mais plus important encore, j’ai gagné en confiance et en connaissances.

Désormais, les discussions avec ma fille ont pris une autre dimension. Au lieu de lui dire « épargne, épargne, épargne« , je lui explique comment l’argent peut travailler pour nous. Elle commence même à comprendre pourquoi je refuse parfois certaines dépenses impulsives pour alimenter notre « projet famille« .

Les stratégies gagnantes pour les petits budgets

Alors, concrètement, comment s’y prendre quand on n’a pas les moyens de Warren Buffett ?

Premièrement, commencez petit mais commencez ! Même 25$ par mois représentent 300$ sur l’année. Sur le long terme, avec les intérêts composés, cette somme peut devenir significative.

Deuxièmement, privilégiez les ETF aux actions individuelles. Avec un budget limité, il est impossible de diversifier correctement avec des actions individuelles. En revanche, un ETF vous donne accès à des centaines d’entreprises pour le prix d’une action.

Troisièmement, automatisez vos investissements. La plupart des courtiers proposent des plans d’investissement automatiques. Ainsi, vous investissez sans y penser, comme un prélèvement automatique, mais en mieux !

Quatrièmement, éduquez-vous progressivement. Inutile de tout apprendre d’un coup. Commencez par les bases et approfondissez au fil du temps. Personnellement, je consacre 30 minutes par semaine à ma « formation financière« .

Enfin, gardez vos émotions en dehors de vos investissements. Les marchés montent et descendent, c’est normal. L’important, c’est de tenir sur le long terme.

L’effet surprise sur la famille

Ce qui m’a le plus surpris dans cette aventure, c’est l’impact sur ma famille. Ma fille, qui était sceptique au début, me demande maintenant régulièrement des nouvelles de « nos investissements« . Elle a même commencé à épargner différemment, comprenant enfin l’intérêt de faire travailler son argent.

Aujourd’hui, nous gérons ensemble un petit portefeuille familial et discutons de nos objectifs à long terme. Finalement, investir en bourse nous a rapprochés financièrement et nous a donné un projet commun.

Conclusion : de mythe à réalité quotidienne

Pour conclure, investir en bourse avec un petit budget n’est plus un mythe aujourd’hui. C’est même devenu accessible, éducatif et… amusant ! Bien sûr, il faut garder les pieds sur terre : nous ne deviendrons pas millionnaires avec 50$ par mois. Cependant, nous pouvons faire travailler notre argent intelligemment et donner un exemple inspirant à nos enfants.

Finalement, le plus grand changement n’est pas dans mon portefeuille (bien qu’il progresse doucement), mais dans ma relation à l’argent et dans l’image que je renvoie à ma famille. Aujourd’hui, quand ma fille me demande des conseils financiers, je peux répondre en connaissance de cause, avec des exemples concrets et une expérience vécue.

Alors, prêt à casser vos propres mythes financiers ? Votre futur vous – et peut-être votre ado – vous en remerciera !

N’oubliez pas : cet article partage une expérience personnelle et ne constitue pas un conseil en investissement. Les investissements comportent des risques de perte en capital.

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